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Retraite sans frontière

Article du 27-10-2009

 

Vivre sa retraite à l’étranger, c’est tendance ! Un nombre croissant de français choisissent de s’expatrier vers des cieux qu’ils espèrent plus cléments. Quelles sont leurs motivations, leurs destinations préférées… ? La décision de s’expatrier nécessite de respecter certaines règles. Attention aux idées reçues !

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Quitter son pays et son histoire familiale n’est pas anodin. Les motivations sont diverses : vivre un désir de renouveau, se rapprocher d’un de ses enfants expatriés, ou chercher un coût de la vie moins élevé, avec un climat plus doux… Le bonheur quoi !

 

En 2008, plus de 100 000 retraités français ont tenté l’aventure. Destinations préférées : L’Espagne, la Tunisie, le Maroc et depuis peu la Grèce et la Croatie.

 

Deux critères de sélection dominent : un pays proche de la France et/ou de préférence francophone. Mais ce n’est pas une généralité, d’autres pays se distinguent : la Thaïlande, le Vietnam ou encore le Canada, les Etats-Unis et l’Australie.

 

S’expatrier dans un état membre de l'Union européenne (UE) apparaît tout de même la solution la plus simple. Les systèmes de sécurité sociale des 27 Etats sont coordonnés et la circulation des personnes libre. Cette coordination s'étend aux pays de l’Association européenne de libre-échange (AELE): l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse.
 

Partir pour vivre mieux
 

Les retraités candidats au départ se doivent de disposer de solides ressources financières. Pour conserver un logement en France, voyager pour visiter leurs proches, et acheter une maison dans leur pays de résidence…

 

Même s’ils bénéficient d’un coût de la vie ou d’une fiscalité moindre dans la plupart des destinations choisies, un capital confortable est nécessaire pour démarrer une retraite hors hexagone. C’est le cas de ceux qui s’installent en Espagne où le prix du marché de l’immobilier est quasiment identique à celui de la France.

 

Le Maroc reste abordable, même pour les petites bourses. Près de 3000 Français profitent de ce tapis rouge : le pays leur accordeun abattement de 40 % sur leurs revenus imposables. Il réduit encore leur impôt sur le revenu de 80 % à la seule condition qu'ils transfèrent dans le pays la totalité de leur pension de retraite française.

 

En raison de ce « flux migratoire », les Marocains subissent une augmentation du coût de la vie. Et le gouvernement envisage déjà quelques réajustements pour que, ni retraités étrangers, ni Marocains, ne soient pénalisés et que la prospérité perdure…

 

Outre-Atlantique, les retraités américains prennent aussi la décision de s’expatrier pour vivre mieux avec une petite pension (1.580 dollars par mois, environ 1.270 euros). Mexique, Costa-Rica, Panama sont devenus des paradis habituels pour ces baby-boomers. Conscients de cette manne financière, le Nicaragua, le Honduras, l'Equateur ainsi que Belize tentent, à leur tour, de les séduire.

 

Confrontés à la vie chère du monde occidental, les jeunes retraités choisissent de s’établir dans des pays dits émergeants en quête d’une meilleure qualité de vie. Mais, pour éviter que le départ à l’étranger ne tourne au cauchemar, mieux vaut le préparer sérieusement et se poser les bonnes questions.
 

Préparer soigneusement son départ
 

Première étape : cerner la motivation ! Apprendre une nouvelle culture, un autre mode de vie, se confronter à soi-même ? Partir uniquement pour des raisons financières n’est pas suffisant pour assurer le succès d’une démarche à long terme. Avant de prendre une décision, il est préférable de réaliser des recherches poussées sur le pays choisi et bien sûr de s’y rendre, plusieurs fois, et à toutes les saisons.

 

La solitude des débuts, la condition d’étranger… ! Passé le bilan personnel, et si tous les aspects d’une vie différente ne vous effraient pas, il faut aborder les aspects techniques.

 

Pour percevoir sa retraite dans un autre pays, aucune difficulté. Seul le minimum vieillesse est réservée aux résidents en France. CSG et CRDS ne seront plus prélevées, mais une cotisation de 2,8 % peut être retenue à la source, en fonction des accords signés avec le nouveau pays de résidence.

 

Le retraité perçoit sa pension dans la monnaie du pays où il réside.
Les impôts sont versés en France si on y séjourne plus de 183 jours par an. Sinon, l’imposition dépend de la convention fiscale signée entre la France et son pays d'accueil.

Et s'il n’en existe pas ? L'administration française peut taxer les revenus dont elle a connaissance.
Après transfert de ces mêmes revenus, vous n’êtes pas à l’abri de nouvelles taxes…

 

Pour l’assurance maladie, et si le pays de destination est membre de l’Union européenne, adressez-vous à la caisse de retraite et retirer le formulaire E121 afin de bénéficier de la même couverture santé que les habitants du pays choisi.

 

Si le domicile se situe hors de l'Union européenne, il faut cotiser à la Caisse des Français de l'étranger.

 

En cas de décès, les biens immobiliers situés dans l'Hexagone seront partagés entre les héritiers suivant les règles du droit français. Mais les placements financiers et le patrimoine immobilier situés hors de France seront répartis entre les héritiers selon les règles successorales en vigueur dans le pays de résidence.

 

Il est indispensable de consulter un spécialiste sur place pour connaître les règles du jeu locales et prendre les dispositions nécessaires dans tous les domaines.

 

Pour les tibétains, le bonheur est le chemin. Si vivre sa retraite à l’étranger symbolise le bonheur d’un nouveau départ, attention de ne pas trébucher !

 

 

Pour en savoir plus :

La fiscalité
Le départ à l’étranger entraîne le transfert du domicile fiscal dans le pays d’accueil et l’imposition comme non-résident. Il vous appartient de communiquer votre nouvelle adresse à votre centre des impôts.

Les douanes
Aucune formalité n’est nécessaire si la nouvelle résidence se trouve dans un État membre de l'Union européenne. Hors UE, il faut fournir au service des douanes :
un inventaire détaillé, estimatif, daté et signé de tous ses biens.

L’assistance sanitaire et rapatriement vous permet d’être assuré(e) en cas de rapatriement sanitaire, maladie grave ou accident. Cette précaution est particulièrement recommandée lorsque l’équipement hospitalier du pays d’accueil
est insuffisant.

Les visas
Hors UE, le passeport doit être revêtu d’un visa délivré par l'ambassade ou le consulat étranger établi en France. Attention, chaque pays à ses spécificités de réglementation et de législation concernant les visas et cartes de résident. Et les conditions peuvent changer d'une année sur l'autre...

Des vaccinations sont nécessaires et parfois obligatoires pour des séjours à l’étranger. Demander conseil à votre médecin ou dans un centre de vaccinations internationales.
 
Les animaux
La préparation d’un départ avec son animal de compagnie se fait en plusieurs étapes. Se renseigner auprès de son vétérinaire, de l’ambassade du pays étranger en France, de la Direction départementale des services vétérinaires (DDSV) de son département de résidence, et du ministère de l’Agriculture.
 
 
 
Adresses utiles :
·Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse (CNAV)
110 avenue de Flandre - 75951 Paris Cedex 19
Info retraite : 0821 10 12 14
www.retraite.cnav.fr
 
·Site de référence des régimes de retraite GIP Info Retraite : www.info-retraite.fr
 
·Caisse des Français de l'étranger
Accueil : 12 rue la Boétie - 75008 Paris
Tél.01 40 06 05 80 - www.cfe.fr  
·Centre d'information sur l'Europe
www.touteleurope.fr 
 
·Centre des impôts des non-résidents (CINR)
10 rue du centre - 93465 Noisy le Grand Cedex
Tél.01 57 33 83 00 - www.impots.gouv.fr
 
·Maison des Français de l'étranger 
57 boulevard des Invalides - 75007 Paris
Tél.01 43 17 60 79 – www.mfe.org
 
·Centre des Liaisons Européennes et Internationales de Sécurité Sociale (CLEISS)
11 rue de la Tour des Dames - 75009 Paris
Tél.01 45 26 33 41 – www.cleiss.fr
 
·Union des Français à l'étranger
28, rue de Châteaudun, 75009 Paris
Tél.
01 53 25 15 50 www.ufe.asso.fr 
 
 
Accords internationaux de sécurité sociale :
Pays où s’appliquent les règlements de la communauté européenne
Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse.
Pays ayant signé un accord de sécurité sociale avec la France
Algérie, Andorre, Bénin, Bosnie-Herzégovine, Cameroun, Canada, Cap-Vert, Chili, Congo, Côte-d’Ivoire, Croatie, Etats-Unis, Gabon, Îles anglo-normandes, Israël, Macédoine, Mali, Maroc, Mauritanie, Monaco, Niger, Philippines, Québec, Saint-Matin, Sénégal, Serbie et Monténégro, Togo, Tunisie, Turquie.

 
 
  • Laurence Rouvier

Copyright photo : alexandre mineev - fotolia.com

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