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Les Grands-Parents : des baby-sitters pas comme les autres !

Article du 24-08-2009

 

Fini les papys et mamies un zeste hiératiques. Place aux grands-parents dynamiques qui jonglent avec leur emploi du temps tout en valorisant leurs relations avec leurs petits-enfants. Ces baby-sitters là ne sont pas comme les autres, et c’est tant mieux !

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Depuis longtemps on rangeait les grands-parents au rayon des personnes « en voie d’extinction » avec lesquelles il fallait être très gentil. Ce n’est plus le cas aujourd’hui ! L’image du patriarche usé et de la grand-mère tricoteuse au coin du feu s’est muée en grands-parents jeunes, indépendants et complices.

 

Ils sont actuellement plus de douze millions et demi en France, dont deux millions sont arrière-grands-parents, et leur nombre ne cesse de croître. Leur rôle au sein de la société et de la famille a évolué.

Autrefois garant du patrimoine, de l’histoire et de l’éthique un rien poussiéreuse, ils ont endossé depuis le maillot de pivot de la « team » familiale. Ils ont encore un ou plusieurs de leurs parents en vie dont ils s’occupent. Leurs enfants touchés par la « crise » sociale et économique qu’il faut soutenir, et leurs petits-enfants dont ils sont heureux de partager des activités de temps en temps…

 

Génération des années fastes, de la libération sexuelle, de la conquête spatiale, de l’ouverture tout azimut sur le monde, ils sont les premiers témoins du passage au 21ième siècle avec ce que cela entraîne comme tempêtes et nouveautés : séparations, concubinage, pacs, recompositions familiales, mariages interculturels, unions homosexuelles, etc. Eux-mêmes innovent. Ils sont les premiers grands-parents à divorcer et à se remarier, complexifiant un peu plus les branches de l’arbre généalogique…

 

Les Seniors ont endossé le maillot de pivot de la team familiale.

 

Les grands-parents ne laissent plus les clés du monde à leurs enfants, mais continuent de le construire avec eux. Résultat : des générations plus proches, ce qui n’empêche pas tensions et conflits. En moyenne, dans l’Union européenne, entre 75% et 80% des grands-parents vivent à moins de 25 kilomètres d’un de leurs enfants. Une proximité pratique pour les parents qui ont besoin de faire garder leurs enfants quotidiennement ou ponctuellement. En France, 6% des enfants âgés de 4 mois à deux ans et demi sont confiés à leurs grands-parents (sachant que plus de la moitié d’entre eux sont gardés par un des parents à la maison).

 

L’implication des aînés ne s’arrête pas là. Ils accompagnent le petit-enfant tout le long de son existence. Adolescents et jeunes adultes trouvent souvent un médiateur dans leurs grands-parents, qui créent ainsi une relation bienfaitrice pour tous les protagonistes de la famille.

 

La vitalité des jeunes grands-parents, retraités ou pas, permet aussi de faire face au dynamisme juvénile. Réciproquement, les petits-enfants apprennent la patience dans une relation plus intime qu’éducative. Vacances, passions, loisirs, activités culturelles ou religieuses partagées, tout cela participe à des rythmes de vie différents qui s’accordent. Ce sont ces liens qui instaurent un échange fort et incitatif, permettant aux juniors de mieux s’inscrire dans leur histoire familiale. En partageant avec papy et mamie, ils apprennent ce que faisait « les enfants » : leurs propres parents. Quelle grand-tante était une virtuose de la musique, quel grand oncle est parti vivre à l’autre bout de la terre…

 

En évoquant et en identifiant l’histoire familiale, les grands-parents permettent aux jeunes de maîtriser tous ces « autres » qui forment leur famille, leur souche, leur cocon. Et c’est d’autant plus vrai que les familles recomposées se multiplient.

 

Les grands-parents ne laissent plus les clés du monde à leurs enfants, mais continuent de le construire avec eux.

 

Parents « en second », ces baby-sitters pas comme les autres ont des rôles bien distincts, même s’il n’y a pas de règle…

 

La grand-mère excelle dans les rapports humains, les portraits de la famille et la culture. Le grand-père est davantage tourné vers la représentation du monde, des savoirs et des découvertes. On retrouve cette même nuance entre la branche maternelle qui offre plutôt des services (garde à domicile, soutien scolaire) et la branche paternelle qui finance les biens dits « virils », comme la voiture ou l’ordinateur.

 

Les grands-parents apportent une aide pratique et de confiance très prisée des parents, surtout si les relations entre générations sont équilibrées et se déroulent dans le respect mutuel.

 

Il ne faut toutefois pas abuser de leurs services ! Les seniors actifs ont aussi envi de vivre autre chose que d’assurer la garde de leurs petits-enfants. La retraite est une nouvelle opportunité pour eux de construire et d’accomplir des projets jamais réalisés jusqu’alors.

 

Concrétisation de rêves anciens, participation à la vie associative ou publique, reprise d’une activité professionnelle (plus ou moins souhaitée), tout est possible. Les seniors éprouvent le besoin de rester intégrés dans la vie sociale et de se rendre utiles aux autres, mais la société commence tout juste à se rendre compte à quel point elle a besoin d’eux et de leurs actions. Les seniors sont des atouts par leurs compétences et leur disponibilité. Ils ont un savoir-faire à transmettre, mais plus que tout, ils ont à nous communiquer leurs valeurs.

 

Ces acteurs dynamiques sont appelés à devenir très prochainement, avec notre démographie vieillissante, un maillon central de la vie sociale. Vêtus de ce nouveau statut, ils enrichiront leur propre histoire familiale.

 

Statistique, source Insee.

 

Pour en savoir plus :

Connaissez-vous vos droits ?
Les grands-parents occupent une place de plus en plus importante au sein de la famille. L’article de loi 371-4 renforce les liens entre petits-enfants et grands-parents.

L'article 371-4 du code civil est ainsi rédigé :
« L'enfant a le droit d'entretenir des relations personnelles avec ses ascendants et réciproquement. Seuls des motifs graves peuvent faire obstacle à ce droit. »

« S'il est besoin, le juge aux affaires familiales fixe les modalités des relations entre l'enfant et un tiers, parent ou non, en considération de l'intérêt de l'enfant. »

Avant de faire appel à la justice, pour régler ces différends, vous pouvez faire appel à un médiateur familial avant de vous adresser au Tribunal de Grande Instance (TGI).

Renseignement auprès du TGI le plus proche de votre domicile.

Vous partez en vacances avec vos petits-enfants ?
Votre responsabilité est engagée, mais ne vous substituez pas pour autant à l’autorité parentale.

Pour toute information :
Ecole des Grands-Parents Européens (EGPE).
12 rue Chomel dans le 7ième à Paris. Tel : 01 45 44 34 93

 

 

  • Laurence Rouvier

Copyright photo : lionel valenti - fotolia.com

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