Lire aussi
Entremont capitale provençale de nos ancêtres
Atout sport et santé
Touchons du bois
Qui sommes-nous ? Devinez … Nous sommes des êtres du silence, venus du fond des âges.
Les charmes de la retraite
|
Le coin du philosophe - Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?Article du 23-08-2009
Le stoïcien Sénèque remarquait : « Tous veulent vivre heureux, mais lorsqu’il s’agit de voir ce qui rend la vie heureuse, ils sont dans les ténèbres »… Certes, nous voulons tous être heureux, mais savons-nous ce qu’est le bonheur ? |
PUBLICITE
Le mot bon-heur ( opposé au mal-heur) vient du latin bonum augurium, ce qui signifie littéralement « le bon augure ». L’heur (l’augure), c’est la fatalité, bonne ou mauvaise, qui vient des dieux, et qui par conséquent ne dépend pas de notre volonté.
Commentant Sénèque, notre Descartes national écrivait le 4 août 1645 : « Il y a de la différence entre l’heur et la béatitude, en ce que l’heur ne dépend que des choses qui sont hors de nous, (…) au lieu que la béatitude consiste, ce me semble, en un parfait contentement d’esprit et une satisfaction intérieure, que n’ont pas ordinairement ceux qui sont les plus favorisés de la fortune, et que les sages acquièrent sans elle (…) Considérant les choses qui peuvent nous donner ce souverain contentement, je remarque qu’il y en a de deux sortes : à savoir, de celles qui dépendent de nous, comme la vertu et la sagesse, et de celles qui n’en dépendent point, comme les honneurs, les richesses et la santé ».
Pour Descartes, il existe deux méthodes pour vivre heureux.
La première, qui est incertaine, consiste à attendre ou à chercher
le bonheur à partir de facteurs ou d’événements extérieurs, comme on attend la pluie. Si elle tombe, tout ira bien ; si elle ne tombe pas, tout ira mal. Par exemple, « je serais heureux si je gagnais au loto ! », ou « je serai heureux quand j’aurai trouvé l’âme sœur ».
La seconde, qui est plus sûre si l’on en croit Descartes, ne souhaite pas le bon augure mais construit la béatitude. Elle consiste à créer les conditions de la paix intérieure, quoi qu’il advienne. Quelles sont ces conditions ? Avoir la conscience tranquille et éviter ce qui nous tourmente, c’est-à-dire les regrets, les remords, et les désirs impossibles à réaliser.
C’est ainsi que pour être heureux, le philosophe n’espère rien des dieux ni du monde ; il s’accoutume à ne pas désirer ce qui ne dépend pas de ses propres forces, ne compte que sur lui-même et agit du mieux possible pour ne jamais avoir à regretter ses paroles ni ses actes.
Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? Rien d’autre qu’un peu de sagesse.
Pour en savoir plus :
À lire : Alain, les Propos sur le bonheur
« Il y a un genre de bonheur qui ne tient pas plus à nous qu’un manteau. »De son vrai nom Emile Chartier, Alain, mort en 1951, fut journaliste et professeur au Lycée Henry-IV. Dans cet ouvrage, où sont rassemblées ses chroniques sur le bonheur, il nous met en garde contre les faux semblants qui nous empêchent d’être heureux. Grand admirateur de la sagesse antique, il lui redonne vie en l’adaptant aux situations de la vie moderne. Ce livre est à lire comme il fut écrit : jour après jour, pour garder la volonté d’être heureux, et le devenir.
- Cécile Guignard-Vanuxem
Copyright photo : juergen daniel - fotolia.com

