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Le Bien-être urbainArticle du 12-01-2010
Campagne ou ville. L’espace peut être choisi, ou subi. Dans un contexte environnemental difficile et changeant, une tendance se dessine : le gigantisme. Et pour les individus, une seule quête : le Bien-être urbain. Pas si simple ! |
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La première enquête sur la qualité de vie en Europe (EQVE) réfute le principe que l’on se sent mieux à la campagne. Ses résultats, publiés en janvier 2007, précisent que les ruraux ne semblent pas bénéficier d'un sentiment de bien-être supérieur aux urbains, qui eux se révèlent plus optimistes. Des conclusions qui bousculent les idées reçues - on n’est pas plus heureux à la campagne qu’à la ville - mais qui ne concernent que ceux qui ont le pouvoir de choisir où ils vivent.
Les villes s’étendent, flirtent avec la campagne, développent leurs activités en périphérie, et élargissent leur zone d’influence. Conséquence, de « nouveaux grands territoires » s’affranchissent de tout, même de la mondialisation. Ils tissent des relations entre eux, au-delà des frontières nationales, unis par un mode de fonctionnement, des intérêts communs, et un projet collectif.
Villes et banlieues, zones industrielles et commerciales, grands équipements, bourgs et villages, forêts et terres agricoles, zones humides… ces espaces tentaculaires modèlent notre nouvel habitat.
Un bémol, l’homme va-t-il parvenir à s’adapter à ces ensembles urbains du troisième type ? Pour nous séduire, ces « nouveaux grands territoires » nous font miroiter un certain bien-être urbain…
Une impression de liberté
Le bien-être urbain, c’est quoi ?
Subjectif, il s’apparente à une perception de la qualité de vie liée à l’environnement. Un regard individuel qui se construit dans un univers collectif. Et pour les laissés pour compte ? Les discours officiels les évoquent toujours positivement… Une solution sera donc trouvée. Quand ?! C’est un autre sujet.
Le sentiment de qualité de vie est une alchimie de l’organisation urbaine et environnementale, susceptible de garantir l’harmonie de la vie sociale et collective. Une notion qui fédère, et que l’on tente de mesurer avec « un coefficient de sympathie » indéfinissable, mêlant art de vivre, fantaisie, création… Des ministères ont été créés, comme celui de l’écologie et du développement durable.
Revendiquée aussi bien par les associations d’habitants, la sphère politique, les institutions internationales comme l’OCDE*, l’UNESCO* et l’OMS*, la qualité de vie est de tous les discours.
Mais de quoi parle-t-on ? De conditions de vie (cadre de vie, modes de vie, niveau de vie,…), de l’expression d’un sentiment général de bonheur et d’un complet bien-être physique, mental et social… Une aspiration qui participe à ces « nouveaux grands territoires ».
L’âme urbaine
Aujourd’hui, plus de 3 milliards de personnes sont des citadins, près de la moitié de l’humanité. En 2030, 60% de la population mondiale sera urbanisée et presque toute la croissance démographique aura lieu dans les villes. Une telle évolution implique d’intégrer les multiples dimensions de la gestion urbaine : l’urbanisme, l’environnement, l’aménagement, les transports, la sécurité, la santé, l’organisation des services collectifs, et donc le coût de la vie en ville.
Il faut gérer les façons de vivre la ville qui se transforment et créent de nouveaux désirs.
« Qu’est-ce qu’une ville sinon ses habitants ? », William Shakespeare.
Il n’existe pas de portrait robot de l’urbain. Le stéréotype évoque un homme ou une femme trentenaire, célibataire sans enfant, avec des revenus confortables, évoluant dans un réseau social dense, mais superficiel. Un pion conforme à la société de productivité.
En réalité, la majorité de la population urbaine a plus de 35 ans, elle est composée pour les deux tiers d’actifs, et compte plus d’employés et d’ouvriers que de cadres et de professions libérales. Leurs premières préoccupations, la sécurité des biens et des personnes, et le coût de la vie.
C’est la liberté théorique de faire, qui plaît à l’urbain !
Plus de huit citadins sur dix perçoivent cet espace comme un univers de tous les possibles. Ils apprécient la vitalité économique et culturelle de leur ville, même s’ils n’y participent pas.
Ils multiplient les rencontres même s’ils se sentent isolés. La ville canalise leurs projections et leurs angoisses.
La ville, un choix de vie
Même s’ils la critiquent, 75 % des urbains ont choisi de vivre en ville, dans « la leur » plutôt qu’une autre. Un choix revendiqué par 81 % des non-natifs et, de façon plus symptomatique, également exprimé par 70% des personnes nées dans ces villes.
Ce choix est principalement commandé par des motifs familiaux ou professionnels. Ce qu’ils redoutent à l’avenir : une pression démographique trop importante, la vie chère... Ce qu’ils souhaitent : une ville plus conviviale, plus verte, plus aérée, plus technologique, mais aussi très normée et contrôlée... presque aseptisée.
Alors ? Une lourde responsabilité attend les décideurs et acteurs urbains, d’aujourd’hui et de demain, pour concilier toutes ces attentes. Chacun peut aussi agir pour définir son propre bien-être urbain. Rien est écrit à l’avance… Le choix existe toujours.
l’OCDE* : Organisation de Coopération et de Développement Economiques
l’UNESCO* : Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture
l’OMS* : Organisation Mondiale du Commerce
- Laurence Rouvier
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