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Des océans sans boussole

Article du 15-06-2010

 

« Adaptation », le mot tendance du XXIe siècle. La Terre n’est plus modelée par l’homme selon ses souhaits, et il va devoir développer des trésors d’intelligence pour se plier aux nouvelles exigences de son environnement et de son climat.

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Exigences
, qui à leur tour, susciteront des questions pour préserver l’équilibre de l’économie, du commerce, et la sécurité des personnes dans le monde entier.

 

Le climat de la planète dépend de nombreux facteurs. Entre autre, la quantité d’énergie provenant du soleil et sa transformation opérée par la « machine climatique » : l’atmosphère et les océans.
Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat, le GIEC, confirme les changements observés du climat. Jusqu’à la fin du XXIe siècle, la variation de la température s’échelonnera entre 1,8°C et 4°C. Sans attendre la fin de ce siècle, et sans équivoque, le niveau moyen des mers devrait s’accroître de 18 à 59 cm. Cyclones et fortes précipitations se multiplieront, quand d’autres régions subiront une intensification des sécheresses et des canicules

 

La principale cause de ce dérèglement serait la forte émission de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, avec principalement une concentration de dioxyde de carbone (CO2), de méthane (CH4), d’oxyde nitreux (N2O), de chlorofluorocarbures (CFC)…
Il s’ensuit un réchauffement général, ainsi qu’une fonte des banquises et des glaciers de montagne.

L’effet de serre est un phénomène naturel, un « piège » à chaleur qui permet de maintenir au sol une température moyenne d’environ 15°C. Sinon, la température moyenne serait de 18°C au-dessous de zéro !

 

Les océans, des alliés maltraités

 

Les océans sont des « pompes à carbone ». Quand la teneur atmosphérique en carbone augmente, ils absorbent le surplus et rétablissent l’équilibre.
Deux mécanismes majeurs traitent le carbone des océans : la « pompe physique » et la « pompe biologique ».

 

La pompe physique, c’est le super « tapis roulant océanique », le Gulf Stream. Cette circulation thermohaline (liée à la température et à la salinité des masses d’eau) aspire une partie du gaz carbonique de l’atmosphère pour le rejeter, après un périple de
80 000 km, dans les eaux chaudes. Là, le phytoplancton se développe grâce à l'énergie lumineuse et utilise le dioxyde de carbone dissout sous la surface de l'océan. Une pompe biologique qui transforme le gaz en élément organique, ensuite intégré dans la chaîne alimentaire.

 

Seul 20% du CO2 échappe à la couche de surface et plonge dans les fonds océaniques, où une autre destinée l'attend. Les bactéries vont le transformer en hydrocarbures.
Au rythme actuel des émissions anthropiques (relatif à l’activité humaine) de CO2, les océans saturent ! Plus acides, plus pauvres en phytoplancton, moins bien oxygénés en surface… L’impact de ces changements sur les écosystèmes
et la biodiversité reste à découvrir.

 

« La Terre n’est pas faite une bonne fois pour toute ! » Raymond Sciarli, médecin, passionné du grand bleu, et de pêche sous-marine, nous le rappelle : il faut collaborer avec la nature. Oui, mais comment ?

 

Depuis le 1er janvier 2005, le programme de recherche européen CarboOcean s’est lancé sur les eaux planétaires. L’objectif est des récolter des indices pour évaluer le potentiel d’absorption de CO2 des océans, et en mesurer l’éventuelle saturation.

 

Parallèlement aux études, l’homme doit diminuer l’impact de ses activités sur l’environnement. Par une meilleure gestion des ressources en eau, l’amélioration des pratiques agricoles et industrielles, le développement d’autres sources d’énergie…
Les Etats ont à leur disposition un éventail d’outils politiques : la réglementation, la taxation, les mécanismes de permis négociables, les subsides…

 

Dans tous les cas, la mobilisation est forte. En février 2007, le MDP, le mécanisme pour un développement propre, relevant du Protocole de Kyoto, a démontré sa logique dynamique. Plus de 500 projets ont été enregistrés dans près de quarante pays en développement. Cet élan devrait être à l'origine d’une baisse des rejets correspondant à 1,8 milliard de tonnes de CO2 d'ici la fin de 2012.

 

Une réelle prise de conscience ? Peut-être…

 

Selon « l’hypothèse Gaïa » du scientifique James Lovelock, la Terre serait un être vivant, un organisme autorégulé. Peut être, et raison de plus pour agir. Finalement, l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez semble avoir raison lorsqu’il nous dit « N'attendez rien du XXIe siècle, c'est le XXIe siècle qui attend tout de vous ».

WWF*, Pour une Planète Vivante
l’AMRF*, l’Algalita Marine Research Foundation

 

Pour en savoir plus :

Le Protocole de Kyoto signé en 1997 vise à lutter contre le changement climatique en réduisant les émissions de gaz carbonique. Pour tout savoir sur sa mise en œuvre, www.industrie.gouv.fr

www.annee-polaire.fr, un site qui présente les avancées actuelles de la recherche pour mieux connaître la planète et son évolution

 

 

 

  • Laurence Rouvier

Copyright photo : jan will - fotolia.com

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